Mardi  
 15:30 / 18:15
Mercredi  

10:30 / 12:30 

13:30 / 18:15

Jeudi 
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Vendredi 
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Samedi 
9:30 / 12:15 

 

Le collier rouge de Jean-Christophe Ruffin 

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...

L’histoire de de ce prisonnier énigmatique nous est dévoilée par bribes, entretenant le suspense et la tension chez le lecteur. Les personnages sont attachants et débordent d'humanité. Ce roman au style simple, sans fioritures, plein de vie et de poésie, est redoutablement efficace et habilement mené. C’est un magnifique roman sur la fidélité et le sacrifice.

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Réparer les vivants de Maylis de Kérangal

 En 24 heures chrono, l'histoire s'articule autour d’un jeune homme de 17 ans, fou de surf, qui suite à un accident de la route, est déclaré en état de mort cérébrale, situation idéale pour envisager de récupérer ses organes vitaux ( cœur, poumons, foie et reins ) en parfait état, et d’une quinquagénaire dont le cœur à bout de souffle l'a contrainte à réorganiser sa vie, au point de vivre au ralenti à proximité de l'hôpital, dans l'attente de l'organe compatible . Autour d'eux gravitent les familles, les médecins, les chirurgiens, les infirmières, mais aussi les chauffeurs de taxi agréés. Les personnages très réalistes et touchants dans leurs particularités sont tous embarqués dans le tourbillon de la transplantation, véritable course contre la montre, ballet à la chorégraphie millimétrée où chaque maillon est indispensable au bon déroulement.

 

Dans ces 24 heures effrénées, l'organe devient le personnage principal du roman ,tantôt émouvant, tantôt plutôt instructif. Maylis de Kerangal y décrit méticuleusement les interventions médicales. Ces pages haletantes montrent la noblesse et le grand art du personnel médical. Ce livre teinté d’espoir, à la fois passionnant et bouleversant, est un hymne à la vie.

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L’écrivain national - Serge Joncour

Le jour où il arrive en résidence d’écriture dans une petite ville du centre de la France, Serge découvre dans la gazette locale qu’un certain Commodore, vieux maraîcher à la retraite que tous disent richissime, a disparu sans laisser de traces. On soupçonne deux jeunes "néoruraux", Aurélik et Dora, de l’avoir tué. Mais dans ce fait divers, ce qui fascine le plus l’écrivain, c’est une photo: celle de Dora dans le journal. Dès lors, sous le regard de plus en plus suspicieux des habitants de la ville, cet "écrivain national", comme l’appelle malicieusement monsieur le Maire, va enquêter à sa manière, celle d’un auteur qui recueille les confidences et échafaude des romans, dans l’espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.

 

C’est un merveilleux livre gigogne, qui déstabilise sans cesse son lecteur : tantôt roman policier, tantôt autobiographie malicieuse, mais aussi étude sociale impitoyable s'achevant en histoire d'amour.

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Et rien d’autre - James Salter

 La seconde guerre mondiale vit ses derniers instants. Sur un porte-avions au large du Japon, le jeune officier Philip Bowman rentre à New York. Embauché dans une maison d'édition, il devient directeur littéraire et fréquente l'intelligentsia new yorkaise. Entre splendeurs du monde des lettres, relations amoureuses et passions charnelles, ce roman nous plonge dans quarante années de la vie d'un homme, et déploie magistralement le spectre de toute une génération, dans sa gloire et ses échecs. James Salter décrit avec la même précision sensuelle -d'une écriture à la fois tranchante et soyeuse- la beauté des femmes, la nourriture et le vin, le sexe, la littérature, les obsessions et les mauvais sentiments des hommes.

 

Bref, James Salter signe à près de 90 ans un roman éclatant de vie. «- Je connais un secret. Elle se mit à sourire légèrement, d'un air malin. Sa voix était plus forte, maintenant, et elle avait pris cette vieille intonation chantante. La peur piqua Nest au ventre. »

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Une famille délicieuse - Willa Marsh

Mina et Nest vivent à Ottercombe House, imposante demeure familiale plantée au coeur de la lande, entourées de leurs chiens et unies par le souvenir d'une enfance idyllique. L'arrivée de Georgie, la soeur aînée atteinte de démence sénile, fait ressurgir un passé douloureux qu'elles auraient préféré oublier. Pire, Georgie s'apprête à révéler des secrets au pouvoir destructeur... Les deux cadettes sont prêtes à tout pour empêcher que la vérité n'éclate au grand jour. Qui aurait cru que ces respectables vieilles dames avaient tant de choses à dissimuler ?

 

Un style enlevé, un brin d'excentricité, un soupçon d'ironie et beaucoup d'empathie, tous les ingrédients sont réunis pour nous régaler ! Un vrai bon moment de lecture.

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L’île du serment - Peter May

Kirsty Cowell a-t-elle poignardé son mari à mort, cette nuit tourmentée sur Entry Island, à l'extrême-ouest du Canada ? Tous le croient, tout l'accable et pourtant Sime Mackenzie, l'enquêteur chargé de l'interroger, ne peut se résoudre à l'accuser. Mais cet étrange sentiment de familiarité qu'il éprouve à son égard n'est-il pas une arme dangereuse offerte à une femme manipulatrice ? À moins que les rêves étranges qui le ramènent à la vie de son aïeul, émigré des Hébrides en terre de Québec au dix-neuvième siècle, ne recèlent une part du mystère ? Une énigme à résoudre, mais deux îles, deux époques, deux amours. Et d'où vient ce sentiment de familiarité envers un être que l'on découvre ? Peter May navigue dans les brumes du temps, d'Ecosse et du Canada, et découvre que tout est affaire de destin.

 

Efficacement construit, subtil et passionnant, on en redemande !

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En finir avec Eddie Bellegueule -Edouard Louis

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Dans son premier roman, cet écrivain de 21 ans revient sur ses malheurs d'enfant homosexuel dans le prolétariat picard.

Avec des descriptions précises et courtes, des détails crus parfois insoutenables, Edouard Louis nous fait pénétrer sans pathos un milieu peu fréquenté dans les romans d'aujourd'hui : la France des petits Blancs humiliés de nos provinces laminées par la crise. L'auteur raconte trop intimement la différence : celle des oubliés de la croissance, celle des marginaux du sexe. Les premiers n'ont même plus les mots pour la dire et martyrisent volontiers les seconds. Ça n'empêchera pas Eddy d'accepter peu à peu son homosexualité.

 

Rares sont les témoignages littéraires d'un tel parcours. L'énergie, la lucidité qu'y met Eddy/Edouard font de ce fulgurant premier livre un roman d'apprentissage lumineux malgré les ténèbres, plein d'amour à donner malgré la cruauté. Et la finesse d'une langue superbement tenue crée l'épouvante sans s'y complaire, l'espoir sans y plonger tout à fait. Un livre comme en suspens, diaboliquement vivant.

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